PRESENTATION

On trouvera dans cette section des textes et des essais qui brossent quelques-uns de mes questionnements sur la photographie et le photographique, ce terme qui nous sert à désigner maintenant le domaine où s’est constitué une pensée réflexive – et souvent théorique – sur les médiums de l’image fixe à genèse automatique, selon l’expression d’André Bazin.

Les textes et les essais ont été écrits pour servir diverses finalités : rendre compte du travail d’un artiste en particulier, faire état de travaux de commissariat d’expositions, des textes sur mes propres travaux photographiques et enfin des essais accompagnant des travaux de recherche-création en contexte académiques.

S’il fallait à tout prix trouver un dénominateur commun à cet ensemble d’écrits, je dirais que ce qui ressort, c’est d’abord une volonté d’aller un peu plus loin dans la connaissance et la compréhension de la photographie en tant que phénomène doté d’une grande complexité. Si pour certains, la photographie est une chose banale et triviale, pour moi elle est et demeure une source inépuisable de fascination et le terreau toujours fertile d’un investissement en tant que créateur, enseignant, chroniqueur, critique et commissaire d’expositions.

En ce sens, ces textes et ces essais font écho à ces divers investissements et présentent, je pense, une approche et un parti-pris en faveur d’une photographie ouverte sur de nombreux possibles. Une photographie plurielle et multiforme dont la force et la vigueur ont été décuplées, ces dernières dix années, par les outils informatiques et les formidables ressources offertes par le numérique.

J’ai déjà affirmé ailleurs que la photographie était un paradigme changeant. Je crois encore à cette affirmation et je pense que cette conception changeante de la photographie est précisément ce qui continue d’alimenter nos questionnements sur ses tenants, tout autant que ses aboutissements. Phénomène culturel et social apparu aux beaux jours de l’industrialisation, la photographie est un dispositif qui, tout étant tributaire d’un ensemble relativement large de contingences technologiques - le passage au numérique en étant le dernier avatar -  s’en affranchit rapidement lorsqu’il s’agit d’observer les résultantes de la mise en oeuvre du dispositif lui-même.

On émet souvent l’opinion que la machine à images s’était emballée, qu’elle s’était mise à dérailler et qu’on a perdu le contrôle de son débit. Personnellement, je n’en crois rien et je préfère plutôt penser que l’image, à l’instar de l’esprit humain, peut resurgir et se renouveler constamment. Continent dont la cartographie n’est jamais achevée, l’image photographique se déploie en de multiples directions et les chemins pour l’appréhender demeurent dans une large mesure à reconnaître. De toute évidence, on ne peut épuiser l’image.